vendredi 23 novembre 2007

Le Royaume de Thaïlande

Devant l'un des magnifiques temples de Chaingmai
La Thaïlande, si loin, si lointaine …
Un peu de géographie
2000km du nord au sud , trois jours de voiture ! Au nord et à l’ouest, 1800 kilomètres de frontière avec le Myanmar (Birmanie), pays soumis à une impitoyable dictature militaire.
A l’est, 1754 kilomètres de frontière avec le Laos, vieux régime socialiste. Au sud, 803 kilomètres avec le Cambodge . Enfin, à la pointe sud du pays, 506 kilomètres de frontière avec la Malaisie, qui connaît de gros problèmes de sécession avec sa population musulmane.
Pays émergent, la Thaïlande ne manque cependant pas d’atouts pour réussir. Au nord les forêts des montagnes regorgent de bois précieux travaillés par des artisans très habiles dont les œuvres sont recherchées par les touristes. Les plaines centrales fournissent un riz très parfumé de première qualité, qui s’exporte très bien. La capitale, Bangkok, (8 millions d’habitants), est un grand port industriel, ouvert sur le golfe de Thaïlande, à l’embouchure du fleuve Chao Praya. Sur le flanc est, le pays I-San , région de plaines plus pauvres, est en voie d’industrialisation et d’ouverture au tourisme, grâce à construction récente d’autoroutes.
Les villes côtières, Pattaya, Phuket, Phang Nga, Hua Hin, ou les îles , Kok Samui, Kok Phiphi, Kok Lanta au sud ou KokLarn, Songklar, Krabi et Had Yai au sud-est, sont autant de pôles d’attraction pour les touristes à la recherche des plages et du soleil…
Autres ressources : des côtes très poissonneuses , de vastes plantations d’hévéas (caoutchouc). Une importante production d’huile de palme et de coprah.
Etain – gaz dans le golfe de Thaïlande. Les efforts économiques du pays portent en priorité sur la mise en place de grosses infrastructures afin de le rendre compétitif face à la mondialisation des échanges.
La population.
Si les Lillois sont différents des Marseillais, on peut imaginer la différence entre les tribus du nord, les Méos ou les Yakas et les populations du sud. Un lien : le roi Rama IX, au pouvoir depuis 1946 , record mondial de la durée actuelle d’un règne ! Le pays est passé d’une monarchie absolue en 1932, à une monarchie constitutionnelle mais il se cherche dans une forme démocratique qui ressemble à un labyrinthe ou à une période d’apprentissage.
Si loin
10 000 kilomètres nous séparent de ce peuple façonné depuis des siècles par son climat de mousson et ses rizières, par sa religion et ses temples, par son soleil et l’abondance de ses fruits. ; peuple à la culture intacte puisqu’il n’a jamais été colonisé.
Toutefois, depuis une quarantaine d’années, des événements se sont précipités pour lui
rappeler que le monde bougeait , évoluait La guerre dans les pays voisins : Vietnam, Laos, Cambodge , a alors conduit les Américains à installer sur son sol des bases arrières « garantes des libertés du sud-est asiatique » ; occasion des- premiers contacts avec les « Farangs » , pour ceux qui voulaient gagner plus en se mettant à leur service Le puissant dollar facilitait tous les rapports !
Le départ des Américains au bout d’une dizaine d’années laissa derrière lui une main-d’œuvre locale à laquelle le pays ne pouvait assurer les mêmes salaires , de nombreuses femmes qui avaient goûté à l’abondance et de nombreux enfants sans père ! Par contre , une infrastructure hôtelière avait été construite et permit dès lors au tourisme de se développer dans ce seul pays de la région , dont le peuple, raffiné et délicat avait su rester libre.
Autres contacts, autres rencontres ; le touriste en quête de soleil partait à la découverte des anciens temples , des plages de rêve , de ce peuple du « Pays du Sourire » dont la gastronomie peut être élevée au rang de grande cuisine.
Guy avec une famille Orchidée Adoption en visite à Ayuthaya, l'ancienne capitale du Siam.

A voir aussi un ouvrage sur les enfants en Thaïlande : http://enfantduvieuxtamarin.blogspot.fr/

jeudi 22 novembre 2007

Le Sawatdee "le Wai"



Tout d’abord, en dépit de tous ces séjours , je sais que je resterai l’étranger, le « farang ».La barrière de la langue, sans doute, quoique je sois capable de communiquer à présent.
Savez-vous que l’on ne se touche pas ! Lors de mon premier séjour au village, où Montri revenait après deux ans d’absence, je m’attendais aux embrassades, aux accolades. Rien du tout ! Le « Sawatdee » (Wai) traditionnel , mains jointes portées jusqu’au menton, ni plus, ni moins. On n’extériorise pas ses sentiments . Au terme du séjour, l’ au-revoir fut plus chaleureux ; la famille nous donna sa bénédiction mais hormis le « Wai » ce fut tout.

Avant de se coucher, inutile de se dire au revoir, puisque nous dormons sous le même toit et nous revoyons le lendemain. Le matin, pourquoi se dire bonjour, demander si la nuit a été bonne, si vous allez bien ! Paroles superflues : puisque vous êtes debout , c’est que vous êtes en bonne santé !...

Repas "Khan Tok" à Chaingmai
avec d'une famille "Orchidée Adoption" en Janvier 2007

A table

Si c’est jour de rencontre familiale, ou de fête religieuse, le partage d’un repas est important mais on ne parle pas en même temps que l’on mange. On se nourrit, on aura tout le temps de parler plus tard ! On n’a plus faim , on quitte la table pour se rendre en silence dans un lieu tranquille.
Surprise pour moi, la première fois, lorsque Montri, voyant mon assiette vide, me fit comprendre qu’il était préférable de vaquer à d’autres occupations

Le temps du repas est très court : tous les mets sont apportés en même temps et chacun se sert dans l’ordre qui lui convient en fonction de ses goûts et de l’humeur du moment !
La maîtresse de maison est toujours reconnaissante si les convives la complimentent sur sa cuisine. Dans les familles modestes, surtout à la campagne , on avale une sorte de pique-nique, assis par terre, position inconfortable pour l’estomac comprimé ! Pour boire, mieux vaut alors se lever !

Repas des moines à Roi-et


Les jours ordinaires on mange lorsque l’estomac réclame ; inutile de s’attendre, manger seul n’est pas un problème.

La solitude !


Nous, les « farangs » , hormis dans le silence habité des monastères, portons souvent un regard négatif sur ce choix . Au pays de la méditation, il n’en est rien.
Au tout début, je voyais mon compagnon s’isoler, absent, importuné par mes questions, fermé au monde, et je croyais qu’il souffrait du mal du pays ! Puis quelques minutes plus tard, il reprenait le fil des événements, frais et dispos. Et moi, l’hyper actif, de déplorer que son temps de méditation coïncide avec le moment où il aurait fallu débarrasser la table après une réception !

Faire le vide , respecter chez l’autre ce moment d’intériorité , c’est cela aussi , le pays du sourire.

La coutume et le contact


Pai Nai...

Les Thaïlandais sont agréables et souriants mais ne soyez pas surpris si vos amis thaïs vous
posent des questions parfois embarrassantes : ce n’est pas de la curiosité.
Pour quoi demander à l’ ami que l’on croise comment il va Puisqu’on se voit, c’est que tout va bien. « Pai Nai » Où allez-vous ?.Il y a fort longtemps, je me promenais, seul, dans le parc Lumppinee de Bangkok et les passants, me croisant, me disaient « Pai Nai » . Au bout d’une vingtaine de fois, j’en devinai le sens , les trouvant quelque peu indiscrets Le soir venu, je racontai mon aventure à Sompop, mon neveu thaïlandais qui m’expliqua : « Ils te demandent où tu vas, non pas pour savoir, mais pour t’offrir de l’aide si tu en as besoin. » Depuis lors, je suis bien heureux de cette coutume, fort utile les rares fois où je suis seul.

Qu’ils sont curieux !

Il est tout à fait normal qu’au cours d’une conversation l’on vous interroge sur votre profession, sur le prix d’achat de votre voiture , de votre maison, voire sur le montant de vos revenus : Aucun sentiment d’envie dans ces questions , courantes entre Thaïs mais combien gênantes pour nous occidentaux . Et pourtant , là-bas, celui qui pose la question attend une réponse afin de donner un conseil s’il pense que l’ami n’a pas le salaire qu’il mérite, ou pour lui dire qu’il s’est fait avoir sur son achat. Le farang peut donner une réponse évasive car nos prix ne sont pas comparables avec ceux de ce pays où l’on peut manger pour 1,50€ On ne la fait plus à Somport, frère de Montri, qui, plus rusé, demande combien il reste d’économies à la fin du mois !

mercredi 21 novembre 2007

Un accueil si chaleureux !



Vous, messieurs, célibataires ou venus comme tels, si l’on vous voit seuls pendant un certain temps, ne soyez pas surpris de questions comme : « Votre femme n’est pas avec vous ? Vous n’êtes pas marié ? Votre petite amie ne vous accompagne pas ? » Attention : terrain glissant , pas dans les villages mais en ville où l’on peut vous trouver l’âme sœur. A vous alors de vous dépêtrer de la situation !

L’invitation

Peut-être aurez-vous l’occasion d’être reçu dans une famille thaïlandaise .Alors que chez nous il est convenable d’apporter des fleurs ou une bouteille, là-bas , surtout si vos hôtes ont de modestes ressources, les fleurs sont superflues : elles ne se mangent pas !Votre présence sera un honneur et ils se mettront en quatre et plus pour vous , le farang. Ils vous serviront des mets variés auxquels vous aurez à cœur de faire honneur , mais les lendemains seront durs car, pour vous, ils auront cassé la tirelire.

Que faire ? Montri et moi , avons pour habitude d’acheter des fruits en prenant soin de ne pas acheter les moins chers . S’il y a peu de choix, nous en prenons une bonne quantité : pour nous, les prix sont très abordables. Avant de quitter la famille, nous remettons un billet pour les enfants et, pour ne pas intimider les parents par ce geste, nous précisons que c’est pour leur acheter des fournitures scolaires. De l’utile, rien que de l’utile !

Demain sera un autre jour !


Dans les conversations ordinaires, on constate que le temps n’a pas la même valeur pour eux que pour nous hormis si notre interlocuteur a reçu une éducation occidentale ou si c’est un homme d’affaires.
Hier, c’était hier, le passé, alors, à quoi bon revenir dessus ? « Si j’avais su » n’existe pas ; c’est ainsi et rien ni personne n’y changera quoi que ce soit.
Et demain ? Demain, il fera jour : pas besoin de météo pour connaître le temps ; pluie torrentielle ou journée ensoleillée interminable ; le temps sera ce qu’il est invariablement sous cette latitude. Un autre jour à vivre, une autre chance à saisir, peut-être ; le fruit mûrira et les poissons rempliront les filets.
Aujourd’hui ? Eh bien, aujourd’hui en me réveillant, j’ai su que j’avais gardé la vie ; alors, aujourd’hui est un beau jour et, si je n’ai pas assez à manger ,je vais me mettre à l’ouvrage et jouir du moment présent.
Cependant, avec les progrès de la scolarisation ; avec l’augmentation des contacts avec la ville où tout est plus organisé, les esprits s’éveillent , les appétits s’ouvrent, le bien-être s’accroît.
Et puis, lorsqu’on se fait embaucher dans une grande entreprise, il faut bien rentrer dans le moule.

Mai Pen Rai


Mai Pen Rai , « ce n’est pas grave ; ça ne fait rien ; il n’y a pas de problème » Mot magique. Vous avez le sentiment de déranger et votre visage s’attriste : Mai Pen Rai ! Il y a peu dans l’assiette aujourd’hui : Mai Pen Rai ,demain il y en aura peut-être plus ! Vous avez besoin d’aide : on quittera la tâche en cours pour vous secourir : Mai Pen Rai .

Mai Pen Rai va de pair avec Mi Vela « on a le temps » .Dans un pays où il fait si chaud on récupère moins vite, alors, mieux vaut aller plus doucement mais plus longtemps .

A un rendez-vous, vous aurez souvent un délai d’attente, parce que votre ami sera dans son Mi Vela . Pour faire bonne figure, après qu’il se sera excusé de son retard , à vous de lui faire du Mai Pen Rai.

Si vous avez besoin d’un papier officiel, armez vous de patience : on n’est pas à cheval sur les horaires . Les bureaux ont-ils fermé avant l’heure ? C’était à vous d’arriver plus tôt ! Dans les entreprises privées, la rigueur horaire est de mise car il s’agit d’argent !Un Mai Pen Rai mal venu verrait l’employé indélicat prendre la direction de la porte.

Vous voyagez ? Ne demandez jamais au chauffeur à quelle heure vous arrivez à destination si elle excède 150 kilomètres !

Au royaume du Siam, le temps n’a pas la même valeur, on ne court pas après lui et si vous arrivez avec beaucoup de retard, vous serez toujours les bienvenus et Mai Pen Rai pour le reste !